| Patrick Moriau DEPUTE - BOURGMESTRE VIE PUBLIQUE |
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FESTIVITES DU 1ER MAI - CHARLEROI
Discours du 30 avril 05, Patrick MORIAU, Député-Bourgmestre, Président fédéral
Citoyens, Citoyennes,
Chers Camarades, Chers amis,
En cette année de 120ème anniversaire, je voudrais m’adresser à vous, les militantes et les militants parce que cet anniversaire en ce 1er mai 2005 est votre fête…
Parce que vous êtes les héritiers de celles et ceux qui ont façonné notre Histoire, notre Histoire qui se conjugue souvent avec le malheur, les larmes, avec le sang mais aussi avec l’intense joie du travail accompli, ce travail sans cesse à remettre sur le métier, car nous savons tous que rien n’est jamais acquis.
120 ans de luttes, de combat contre la misère, contre l’exploitation, contre les injustices et
les inégalités.
120 ans de conquêtes âprement obtenues dans la solitude bien souvent de l’adversité.
120 ans de courage, d’abnégation certes avec parfois des erreurs voire des errements, des dérives.
120 ans de défaites, de victoires toujours dans cet esprit de Jean Jaurès « Aller à l’idéal sans perdre le réel ».
Chers amis,
10 ans avant l’Union des Camarades français au sein de la SFIO, les mouvements naissants des travailleurs de Belgique qu’ils soient coopératifs, politiques, syndicaux, culturels… créaient en 1885 le P.O.B. au Cygne à Bruxelles.
L’union verrière de Falleur y représentait notre région de Charleroi.
Falleur injustement méconnu aujourd’hui qui en 1886 fut scandaleusement condamné suite aux émeutes sanglantes dans notre région et qui par cette iniquité fit prendre conscience à Jules Destrée des conditions de la classe ouvrière.
A l’instar de ces grands intellectuels de l’époque, issus de la bourgeoisie, Jules Destrée et Paul Pastur s’engagèrent dans la voie du socialisme pour fusionner en 1904 avec la fédération socialiste embryonnaire de l’époque : Notre Fédération Socialiste de Charleroi était née.
Derrière ces figures emblématiques de l’époque, des milliers d’hommes de femmes qui, dans un entrain collectif, s’engageaient tout simplement pour un monde meilleur.
Que de chemin parcouru !
- la lutte pour le suffrage universel, ce combat pour l’égalité qui va durer 34 ans puisqu’il ne sera obtenu qu’en 1919 et permettra d’ailleurs aux socialistes carolos pour la 1ère fois d’avoir un ministre : Jules Destrée.
- La lutte pour les 3 x 8 heures (8 heures de repos, 8 heures de travail, 8 heures de loisirs) ce combat pour l’égalité.
- Sans compter les luttes de résistance en 14-18 contre l’occupant mais surtout en 40-45 contre la barbarie nazie, ces combats pour la liberté dont nous ne mesurons pas toujours la richesse dans le confort de nos sociétés démocratiques d’aujourd’hui.
Mais 120 ans d’Histoire ici à Charleroi et ailleurs, c’est aussi le combat pour une Wallonie, fière d’elle-même, qui redresse la tête face à l’arrogance et revendique son autonomie.
C’est la lutte pour l’éducation pour tous, « pour que le Peuple puisse lire », pour une culture populaire, pour la sécurité sociale, concrétisation de la solidarité !
C’est la lutte lors de question Royale, lors de la question scolaire, lors du combat contre la loi unique avec les ACEC qui lancent le mouvement ici à Charleroi.
En 1978, le PSB créé en 1945 (en même temps que la FGTB) se scinde en PS et SP. Le parti dès lors s’adapte au clivage linguistico-culturel ente le Nord et le Sud du pays.
Mes chers amis,
Je pourrais vous citer tant de faits marquants encore pour notre fédération : Busquin Président en 1992, Van Cau Ministre-Président en 1999, notre presque grand schlem aux élections communales de 2000 (au pouvoir dans les 14 communes et 13 bourgmestres sur 14) notre représentation provinciale avec Jean-Pierre et au Parlement Européen avec Philippe, nos 5 élus au Parlement fédéral en 2003, nos 4 élus au Parlement Wallon…
Tant de victoires !
Mais comme disait Jacques Brel dans les « Vieux amants » : «Bien sûr nous eûmes des orages »…
Des défaites parfois cinglantes, des congrès fratricides, des tiraillements, des désillusions, des mesquineries, des luttes personnelles et des affaires… hélas !
Mes chers camarades,
En ce qui me concerne je vous réaffirme comme je l’ai déjà dit lors de ma 4ème levée d’immunité parlementaire…
Enfin j’ose entrevoir le bout du tunnel !
Et dans la longue errance, tortueuse et ténébreuse que je viens de vivre pendant plus de 8 ans, souvent dans la solitude car le monde est cruel, combien d’angoisse, d’états d’âme, de souffrances de par les commentaires médiocres et parfois orduriers, combien de tristesse dans les yeux des proches et de ceux qui me connaissent,
Enfin, se profile l’horizon d’un ciel dégagé, un soleil radieux auquel je n’ai jamais estimé ne pas avoir droit…
Je n’ai jamais été écouté sauf par mes proches, mais cette fois, j’espère et je le répète, faire entendre mon honnêteté et ma bonne foi et de manière définitive.
Je le dois par respect pour ceux qui furent à mes côtés.
Je le dois par respect à vous les militantes et militants de tous les combats.
Je le dois par respect à tous ceux qui ont combattu pour cet idéal que nous avons dans nos tripes, dans notre cœur.
Je le dois à cet attachement viscéral à nos valeurs.
C’est mon devoir de militant.
Car là aussi, est la force du militantisme « seuls ceux qui n’ont pas peur de mourir finissent par gagner ».
Chers Amis,
Nos combats ne sont pas personnels.
Nos combats d’aujourd’hui certes se conjuguent toujours à la fois sur le local, le régional et le fédéral.
S’atteler aux vrais problèmes des gens, améliorer sans cesse le cadre de vie et notamment du logement, les problèmes liés au vieillissement de la population, accroître le développement culturel, un enseignement humaniste et moderne, les luttes contre les discriminations et toutes formes d’exclusion (on le voit encore aujourd’hui avec ce patron de Londerzeel qui refuse d’engager des personnes d’origine étrangère). Le développement de la recherche et la participation à ses applications.. ; et surtout la création d’emplois en particulier pour nos jeunes, nous appellent à davantage de créativité et de proximité.
Encore et encore… toujours pour la dignité.
Mais désormais à l’heure où les évangélistes rédempteurs veulent purifier le monde, quand les Ben Laden de tous ordres veulent détruire les fondements de nos démocraties…
Chers Camarades,
Dans un monde qui se bouleverse vite et très vite. A l’heure où émergent les futures grandes puissances qui risquent de prendre pour modèle l’arrogance de ceux qui se croient les plus forts.
Notre combat de socialiste se situe bien plus encore qu’hier au niveau européen.
Ce modèle exceptionnel unique dans l’Histoire de l’humanité qui s’est construit non pas sur base d’annexions et de conquêtes guerrières, mais par le dialogue, la collaboration, le respect des uns et des autres, la tolérance.
Nous ne devons pas avoir peur de l’Europe.
Au contraire, car à quelques jours de la célébration du 60ème anniversaire de la libération, reconnaissons que nous sommes les privilégiés d’une ère de paix sans pareil depuis plus demi-siècle.
L’utopie des pères fondateurs de l’après guerre du « plus jamais ça » est devenue la réalité dans nos régions et notre utopie d’aujourd’hui c’est l’Europe sociale et politique qui devra se réaliser demain par l’action des Socialistes.
Mais encore une fois rien n’est jamais acquis « le ventre est encore fécond d’où est issue la bête immonde ». Même si celle-ci s’avance hypocritement en costume-cravate et sourire racoleur.
Certes, les idées nauséeuses prônées par d’aucuns du Vlaams Belang et du Front National n’appellent pas aux conflits mais elles en contiennent les germes…
Etre militant socialiste c’est là aussi un devoir de mémoire, un devoir de combat.
A l’instar de nos aïeux qui portèrent la contradiction dans les congrès rexistes de l’avant guerre, osons combattre les héritiers relookés de la peste brune.
Cela nécessite le courage de la parole, le courage de l’action, le courage du comportement.
Ni les chantres du libéralisme, ni les gardiens du conservatisme, ni les adversaires du progrès, ni les forcenés du bac à sable, ni les adeptes du « bougisme » qui consiste à laisser croire par une agitation forcée que l’on change les choses, ni les fanatiques du « Societal-academy « …
Tous ceux là n’incarneront jamais cet avenir enthousiasmant auquel nous aspirons pour nos gens.
C’est la mission responsable du socialisme démocratique seule voie entre le dirigisme forcené et le laissez-faire de la loi du plus fort.
C’est l’absolue mission du socialisme démocratique de porter en notre cœur cette formidable capacité de s’indigner et d’avoir en sa raison cette fantastique envie de vouloir changer les choses dans sa commune, sa région, son pays, de vouloir changer le monde.
Cette volonté, cette formidable volonté elle est frappée du rouge de nos luttes, de nos combats.
Elle est marquée de rouge par toutes celles et tous ceux qui ont souffert, qui souffrent et par tous ceux qui portent en nous l’espoir de leur dignité retrouvée, du renouveau.
C’est le rouge de notre histoire pour l’égalité, la justice, la solidarité, la liberté.
C’est notre culture, notre avenir, notre idéal de toujours.
C’est le rouge du socialisme.
Bon anniversaire.
Vive le 1er mai.