Patrick Moriau
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INAUGURATION DE LA MAISON DE L’EMPLOI,
le 20-09-02
DISCOURS DE PATRICK MORIAU, DEPUTE-BOURGMESTRE

 

En politique, c’est ma conception, il faut rester humble et modeste, car nous ne faisons que passer…

Comme chacun de nous ici-bas sur cette terre…
Nous n’avons pas de vérité révélée et pour citer Jean-Paul Sartre « Seuls les actes décident de ce qu’on a voulu ».

Néanmoins, en préparant mon intervention pour ce jour, je ne pouvais m’empêcher de penser avec fierté, à toutes celles et tous ceux qui depuis maintenant quelques années nous ont permis d’atteindre le bilan que je vais vous détailler brièvement dans quelques instants.

Certes rien n’est jamais acquis et le combat pour la dignité humaine n’aura jamais de fin.
A tous les niveaux d’ailleurs.

Mais je voudrais avant toute chose remercier du fond du cœur celles et ceux qui ont participé et qui participent toujours dans le cadre de leur profession ou parfois bénévolement au chantier du social ici à Chapelle-lez-Herlaimont.

J’en suis sûr nos citoyens leur en sont reconnaissants.

En devenant Bourgmestre de Chapelle pour la première fois en janvier 1995, je faisais le triste constat que sur l’entité, une personne sur sept seulement, travaillait.
Evidemment, si tous les Chapellois n’étaient pas ou plus en âge de travailler, nous avions constaté que de 1990 à 1995, le nombre de demandeurs d’emplois inoccupés était « quand même » passé de 1081 à 1401 personnes, soit une progression de près de 30 % en cinq ans. Les bénéficiaires de l’aide sociale dans son ensemble, étaient quant à eux passés de 987 à… 2136 pour la même période.
De ce lourd constat, il n’était pas question de donner des leçons sur un quelconque héritage a fortiori lié à des causes externes, mais plutôt de montrer l’exemple, malgré le contexte général de crise qui n’avait pas changé.
Dès lors, au départ de réflexions menées par le collège fraîchement installé, nous avons voulu lancer une nouvelle dynamique de lutte contre toutes formes d’exclusion.
En tenant compte de ces données de conjoncture, nous avons simultanément orienté nos investissements et planifié une réorganisation progressive des structures.
Tout avait déjà commencé dès 1989 lorsque dans le cadre de mon échevinat des affaires sociales nous avions avec le CPAS crée le concept de la Maison de Solidarité. Idée novatrice mais aussi premières réalisations entre les 2 institutions qui jusqu’alors coexistaient de manière cloisonnée.
Situation non-spécifique à Chapelle qui existait un peu partout… mais qui en soit relevait d’une véritable révolution culturelle.

Cependant, la volonté d’une action sociale globale lors de la nouvelle mandature débuta après les élections communales de 1994.

Première étape, donc dès 1995, avec la création de l’asbl Symbiose dont le nom et l’objet social préfiguraient le concept de « développement social intégré » ; quelques opérateurs locaux se sont associés pour travailler en collaboration.
Symbiose a d’abord centré ses actions dans les domaines de la prévention de la toxicomanie et l’accompagnement psychosocial des plus défavorisés.
Cette association devenue au fil du temps la « mère porteuse » de pas mal de dispositifs d’insertion, est devenue par ailleurs, le complément idéal du CPAS, « bras social » et institutionnel de la commune.

La deuxième étape visait tout particulièrement l’emploi.
Conscients, que l’accès à un emploi restait une étape importante d’un parcours d’insertion de tout un chacun, il fallait s’attaquer rapidement au problème du chômage.
Il faut aussi se rappeler, que lors du recensement de 1991, le taux d’emploi de Chapelle était le plus bas de l’arrondissement de Charleroi.
En réaction, c’est en août 1996 que le Collège décidait de créer un Bureau d’Information à l’Emploi (le B.I.E) et d’engager une assistante sociale afin d’accompagner les chômeurs locaux dans leurs démarches pour trouver une formation ou un emploi appropriés à leurs besoins. Bien entendu le développement économique créateur d’emplois devenait parallèlement la priorité de notre action globale.
Pour faire face aux problèmes de mobilité rencontrés, ce nouveau service communal mis en place se révélait alors, être, en terme de proximité, le « chaînon manquant » entre le Forem et les demandeurs d’emplois chapellois mais aussi avec tout ce qui pouvait offrir un quelconque emploi. Ainsi, les agences d’intérim ont accompagné notre démarche avec succès.

Pour l’anecdote, d’octobre à décembre 1996, les premiers résultats étaient encourageants puisque sous l’impulsion du B.I.E, 8 personnes ont retrouvé un emploi, 5 ont entrepris une formation qualifiante, 5 contacts sont initiés avec des employeurs et au total, ce sont 206 dossiers « en tous genres » qui sont ouverts, je le répète en moins de 3 mois !
« C’était un début, il fallait continuer le combat ! »
Et nous l’avons continué puisque, au même moment, ce B.I.E ainsi que l’Agence locale pour l’emploi (ALE) étaient réuni dans un ancien bâtiment commercial situé au cœur de la cité et déjà baptisé à l’époque: « Maison de l’Emploi » !
Le pointage communal s’effectuant sur le même site, cette complémentarité de services présentait une foule d’avantages pour les différents usagers.
Toutefois, nous ne devions pas en rester là.

La troisième étape, a été le lancement par le gouvernement wallon des Plans Sociaux Intégrés.
Le PSI à Chapelle, a débuté officiellement dès janvier 1998 dans cette articulation transversale et intégrée des actions de lutte contre l’exclusion,
Son premier enjeu reposait principalement sur l’opportunité des partenaires associés de partager leurs idées et de s’informer mutuellement sur leurs propres projets et actions d’insertion.
Le deuxième, étant d’exploiter simultanément toutes les ressources et tous les savoir-faire du territoire afin de se lancer dans des actions communes notamment dans les domaines de l’emploi et de la formation.
Le résultat permettait et permet toujours, une meilleure efficacité des dispositifs tout en réalisant des économies d’échelle.
Ce partenariat entre les acteurs de l’insertion socioprofessionnelle apportait ainsi une plus value incontestable pour les chercheurs d’emploi.
La partie visible de l’iceberg de tout ce travail collectif étant la mise sur pied à 3 reprises déjà, d’un Salon de l’emploi fréquenté à chaque édition par près de 2000 visiteurs.
Pour une petite commune comme Chapelle, petite par la taille mais pas par l’ambition, c’est pas mal.

Quatrième étape. En juin 1999, le Ministre wallon de l’emploi et de la formation de l’époque, Jean-Claude Van Cauwenberghe, a reconnu ces initiatives et cette dynamique partenariale locale en sélectionnant et soutenant notre commune pour expérimenter le tout nouveau dispositif de Maison de l’Emploi.
Pendant 3 ans, emmenés par Alain Jacobeus, Echevin des Affaires sociales et de l’Emploi, accompagnés par les différents services du Forem ainsi que par les experts du cabinet de la Ministre Marie Arena, nous avons varié les expérimentations pour offrir à tous, le meilleur des services publics possible.

Enfin, la cinquième mais certainement pas la dernière étape, c’est celle qui nous réunit aujourd’hui.
Après ces trois années de travail, d’investissements et d’efforts soutenus pour nous mettre en conformité avec le cahier des charges de la Région wallonne, nous allons donc pouvoir couper le ruban d’accès de cette« Maison de l’Emploi New look. »
Depuis quelques semaines, elle a quitté la rue Barrella pour ouvrir ses portes ici, juste derrière l’Hôtel de ville.
Cet acte symbolique scellera un partenariat étroit entre toutes les ressources de la commune, du Forem, du CPAS et de bien d’autres acteurs de l’insertion socio-professionnelle pour lutter contre le chômage.
Et comme notre démarche est évolutive, il n’est pas exclu que dans un souci d’efficacité nous puissions envisager prochainement un autre déménagement en fonction d’une éventuelle opportunité permettant de rassembler toute l’action sociale municipale en un seul lieu. Wait and see.

Cette action globale, cette présence au quotidien, cette proximité.
Tout cela nous a permis de ramener notre taux de chômage dans la moyenne régionale et même en dessous, de ne connaître qu’une soixantaine de minimexés alors que la moyenne pour une commune telle que la nôtre est de 200 et je tiens à la signaler conséquence indirecte du petit Chicago du Centre il y a 8 ans Chapelle est désormais la commune la plus sûre de l’arrondissement, même si d’autres facteurs entrent en jeu dans ces résultats encourageants.

Et pour l’avenir quelles autres étapes, me demanderez-vous ?
Pour cette Maison de l’emploi, ce sera l’obtention du label évidemment !
Toutefois, d’autres projets sont en couveuse.
Pour rester dans le domaine de l’emploi, je citerai encore l’étude en cours sur l’opportunité et la faisabilité de créer une entreprise sociale sur notre entité, entreprise dont la vocation sera de créer ces emplois de proximité nécessaires afin de rencontrer les nouveaux besoins de notre société.

Je remercie Madame la Ministre de soutenir cette initiative pour laquelle, j’en suis convaincu, nous serons une fois de plus les pionniers d’action municipale.

Enfin« coincé » par sa petite taille, Chapelle doit aussi à l’avenir, amorcer son développement territorial et se rendre de la sorte éligible pour d’autres projets d’envergure.
Dans ce sens les partenariats de développement sont multiples.
Au niveau européen d’abord grâce au projet EQUAL porté par la Communauté Urbaine de Charleroi Val de Sambre.
L’Europe, c’est aussi notre adhésion prochaine au REIIES, le Réseau européen d’initiatives d’insertion économique et sociale, représenté aujourd’hui par son secrétaire technique Roberto Puppin.
Enfin le développement territorial, c’est aussi le partenariat de proximité avec nos voisins de Seneffe, de Manage et de Morlanwelz dont je salue les représentants présents.

Mesdames, Messieurs,

Vous connaissez l’une de mes citations préférées : « c’est le poète qui à l’automne de sa vie déclarait que la chose la plus importante qu’il avait réalisée dans sa vie était d’avoir bougé une pierre dans un torrent, car ainsi, disait-il, plus jamais l’eau de la rivière ne passerait au même endroit… il avait changé le cours des choses inéluctablement ».

Eh bien, je suis sûr qu’ici à Chapelle, et vous pouvez le constater, nous avons bougé des pierres et nous entendons bien continuer.

Nous avons démontré cette idée novatrice qui va à l’encontre d’une vision purement économiste et qui voudrait que le social ne soit servi que quand l’économique est passé…
Non, là réside l’avenir il n’y a pas de développement économique dans un environnement social dégradé comme il ne peut y avoir d’émancipation sociale dans un environnement économique désertifié.
L’action doit être parallèle, elle se doit d’être globale. Là est l’esprit de Chapelle et ses résultats.
Nous allons à présent procéder à l’inauguration officielle de notre maison de l’Emploi « new look ».

J’invite Madame la Ministre à couper le ruban et vous invite tous à visiter ces locaux ainsi qu’au verre de l’amitié.